Après les rhétoriciennes de 1986, voici maintenant le témoignage de quelques filles qui se trouvaient aussi en 1re rénové 1980-81 mais dont le parcours en secondaire fut différent.


Marie-Pierre Coninx

Parcours scolaire et professionnel

Elle a fait ses 3 premières années à St Michel. Après une année à l'IPES-filles en Service aux personnes, elle a fait 2 ans d'apprentissage en vente à l'école rue de Limbourg (apprentie dans une confiserie, chez Mayol), où elle a obtenu le diplôme de vendeuse. Elle a travaillé pendant 2 ans chez Mayol aux fêtes de fin d'année et de Pâques. Ensuite, après environ 2 ans de chômage, elle a été engagée en avril 1992 à la maison des jeunes "les Récollets" comme auxiliaire logistique de projets à mi-temps (CDI) pendant 18 ans avant de passer à temps plein (CDI). Elle a ensuite fait une formation d'animatrice à Namur payée par la maison des jeunes. "J'y suis toujours, c'est la chance de ma vie, j'adore travailler là !"

A St-Michel ces années-là 

C'est loin! Et en plus, j'étais très très timide à l'époque ! Heureusement, j'ai changé ! Tout s'est bien passé,  mais je pense que si j'avais eu des affinités avec une professeure-femme, j'aurais ouvert mon cœur sur mes gros problèmes familiaux de l'époque. 

En savoir un peu plus sur moi.

Concernant ma situation familiale, j'ai un fils de 31 ans. J'ai divorcé de son papa. Je suis en couple maintenant. C'est difficile de parler de soi! Je suis fière d'être la personne que je suis, d'être indépendante, d'avoir des valeurs, des convictions. J'adore bricoler, créer, récupérer, détourner les objets, faire de la photo, dessiner (ça aussi, une découverte de moi-même durant le confinement!), aller voir des concerts (c'est mort en ce moment), cuisiner et inviter des amis... bref, j'adore la vie ! Je suis également fort active dans la protection animale, une autre de mes passions.

Et le confinement ?

J'ai travaillé.  Au début j'étais triste.  Et puis, le temps s'y prêtant (météo et avoir le temps) je me suis passionnée pour notre belle rivière. J'y ai passé des heures, appareil photo à la main! Une véritable passion est née! Par contre je déteste le terme de distanciation sociale, c'est à gerber... distanciation physique est plus approprié.  Ce qui m'est tombé dur, c'est de ne plus pouvoir prendre ma maman dans mes bras, vu son âge et le risque lié à sa maladie. Je ne l'ai plus embrassée depuis mars... J'ai aussi eu du mal pour la jeunesse, ça a sûrement été beaucoup plus dur pour eux qui ont besoin de se retrouver entre eux. J'ai adoré que ce soit tous les jours dimanche en ville!  L'après-confinement a été plus dur et je suis triste de voir qu'au final rien ne change (files au fast food, masques jetés en rue, etc.). Et puis je pense que me retrouver face à moi-même était sympa au final! 


Frédérique Laguesse

Parcours scolaire et professionnel

Son "après St-Michel", ce fut les 5e et 6e secondaires à Notre-Dame, Heusy. Puis elle est allée à l'école normale St-Roch à Theux. Elle a eu beaucoup de chance en trouvant directement un emploi comme institutrice primaire aux St-Anges (aujourd'hui SFX2) pour toute l'année. Puis, elle est restée au sein du même PO, mais cette fois-ci à Ste-Claire, pendant 20 ans. L'autoroute E40 et ses nombreux travaux ont eu raison de sa patience et elle a demandé une mutation près de son domicile à Alleur. Elle commence sa 8e année à l'école St-Vincent.

A St-Michel ces années-là 

• En faisant partie des premières filles dans le secondaire, tout s'est très bien passé. Certains professeurs n'avaient pas l'air très à l'aise avec les filles, mais dans l'ensemble aucun problème. Avant d'être des enseignants beaucoup étaient aussi des papas.
• J'ai énormément de bons souvenirs: l'inauguration du hall de sport, les 24h de natation, les retraites de classes...
• Mais surtout, j'ai adoré les temps de midi passés à répéter des pièces de théâtre avec la regrettée Marie-Christine Pironnet (jeune professeure de français à l'époque). Nous avons même eu la chance de participer à une représentation au grand théâtre avec une pièce de G.Feydeau ("On purge bébé").

En savoir un peu plus sur moi

Je suis mariée depuis 22 ans et nous avons 2 fils de 21 et 19 ans. Nous habitons à Ans. Cela fait 28 ans que je suis instit primaire.
J'ai réalisé mon rêve d'enfant (être institutrice, avoir une famille et une maison avec un jardin... c'est tout simple, mais c'était mon rêve!)
Je suis des cours de japonais  et je joue au tennis... J'aime passer du temps à cuisiner (sauf si mon mari professeur de cuisine est dans le coin !!!). J'aime aussi beaucoup recevoir la famille et les amis... c'est important!
Le métier d'instit est vraiment un beau métier (même si ce n'est pas toujours facile!) et pour moi qui voulais être maman et pouvoir m'occuper de mes enfants c'est l'idéal!

Et le confinement ?

Je l'ai vécu assez bien, à la maison en famille. Je n'ai pas à me plaindre. Le plus difficile était de ne plus aller voir mon papa même si je lui téléphonais tous les jours. (Note du webmaster: le papa de Frédérique n'est autre que M. René Laguesse, professeur de mathématique retraité que beaucoup d'anciens ont connu et apprécié.)


Sylviane Mossay

Parcours scolaire et professionnel 

A quitté Saint-Michel pour une 5e et 6e aux Sts-Anges (SFX2) afin d'avoir l'option Education Physique. Ensuite, elle a fait 2 années à Loncin (Ans) pour le régendat en Education Physique. Puis, un graduat de 3 ans en Educateur Spécialisé, au Centre de Formation Educationnelle et Logopédique (CFEL) à Liège, une des écoles Helmo aujourd'hui. Elle a alors travaillé 6 années au "Foyer Lucie" à Verviers, une maison d'enfants (placement par le Service de Protection Judiciaire, le Service d'Aide à la Jeunesse). Et depuis 1998, elle travaille pour le CPAS de Verviers toujours en maison d'enfants (SPJ,SAJ,CPAS), aux Écureuils et aux Papillons.
En tant que fille son insertion professionnelle a été naturelle et normale, sans aucun problème, puisque pour ces enfants de 2½ ans à 18 ans, il faut toujours un équilibre de référents masculins et féminins.

A St-Michel ces années-là 

• Lorsque j'ai demandé à mes parents pour aller à St-Michel c'était pour une raison principale. En  effet, j'avais passé mon enfance  avec des garçons et dans une école de garçons. Peu de filles aussi. C'était mon choix et je savais que la gente féminine était minoritaire en arrivant à St-Michel.
• Je me souviens avoir fait un séjour en Autriche, vacances mémorables avec une organisation tip top et une ambiance magnifique. Des balades splendides et un plaisir de se retrouver en dehors de l'école pour découvrir de nouvelles aventures. Les montagnes, les repas, le temps magnifique... Merci messieurs les professeurs. 
• J'aimais vraiment les cours d'éducation physique avec MM. Dellicour, Lodomez,  Akset et Thomanne. Que l'on soit garçon ou fille, l'effort était le même. Il fallait "juste" pour les professeurs... s'adapter aux vestiaires séparés, aux comportements nouveaux des jeunes filles de l'époque et leur féminité. Que de perturbations et de nouveautés pour les enseignants aussi ! 

En savoir un peu plus sur moi.

Je suis mariée et j'ai trois enfants (adultes). Je suis fière ce que j'ai réalisé: une très belle et chouette famille, d'agréables amitiés, la création de l'atelier "jus de pomme et cidrerie" avec une stagiaire ergothérapeute, à la Fermette (trisomie 21) en dernière année d'étude. Je fais de la course à pied mais depuis le confinement, contrairement à beaucoup qui ont débuté ou continué, j'ai levé le pied.

Et le confinement ?

Le confinement a fait que mes collègues et moi étions plus au travail. Les enfants et adolescents n'allaient plus à l'école et donc étaient confinés dans la maison. Le matin était consacré pour faire des leçons. Donc les travaux scolaires envoyés étaient réalisés par les jeunes avec notre accompagnement. Et s'ils n'en avaient pas, nous leur préparions des matières en fonction de l'âge et de leur niveau. Quelques collègues travaillant dans d'autres services (fermés) sont venus nous aider en journée. Nous continuions normalement nos nuits et week-ends.

Ioanna Tsigilas

Parcours scolaire et professionnel 

Après sa 2e à Saint Michel, elle a rejoint ses frères à SFX1, qui avait aussi commencé la mixité en 1980. Elle en est sortie en 1986, et après une année en Angleterre, elle a fait un graduat en secrétariat - langues à Sainte Claire.
Elle a commencé à travailler juste après son graduat en 1989 chez Saint-Gobain (à l’époque, Norton) en tant que réceptionniste. Après un an, elle est passée au service commercial interne où elle est restée une dizaine d’années. Elle a ensuite eu l’opportunité de passer au service Marketing, où elle s'occupait de la communication. Elle est à présent, et depuis 4 ans, Assistante de Direction chez Deloitte.

A St-Michel ces années-là 

• Je me souviens du jour de la rentrée en 1980. Les garçons attendaient à la récré et nous regardaient comme des bêtes curieuses (!).
• Il y avait une très bonne ambiance en classe. Je me souviens du Frère Marc qui nous avait fait une visite guidée de la ville et qui racontait beaucoup d’histoires (la plupart commençant par « quand j’étais au Rwanda... ») et nous faisait écouter Jean Ferrat, alors que nous étions plutôt Balavoine ou encore Blondie. 
• En première année, nous n’avions pas de prof de gym féminine, mais nous avions cours avec les garçons. Je pense que le prof a eu un peu de mal au début, le pauvre!

En savoir un peu plus sur moi.

Le week-end, je fais de la marche nordique. J’aime écouter de la musique et me réjouis de pouvoir retourner aux concerts! Je lis beaucoup et j’aime voyager, visiter des expos, etc.

Et le confinement ?

J’ai fait du télétravail pendant tout le confinement. Personnellement, même si j’ai pu m’organiser et finalement bien travailler de la maison, mes collègues m’ont beaucoup manqué. J’ai la chance d’avoir beaucoup de possibilités de balades près de chez moi, ce qui m’a permis de tenir le coup en prenant un bol d’air tous les jours.


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Les différents propos ci-dessus ont aussi été recueillis par Christian Rensonnet qui remercie cordialement ces anciennes pour leur enthousiasme et leur sympathique collaboration.

•  Après tant d'années, nous n'avons pas pu contacter toutes les anciennes de 1980. Au cas où tu serais l'une d'entre elles et que tu aimerais ajouter ici ton témoignage, il te suffit d'envoyer un courriel à chr.rensonnet@hotmail.com qui prendra contact avec toi.

 

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