5 octobre 2020 - Il y a 40 ans, les premières filles dans le secondaire à St-Michel.

Septembre 1980. Une année très particulière commence à Saint-Michel avec l'introduction de l'enseignement appelé "rénové" et en même temps la présence de 24 filles dans notre école secondaire. Le corps professoral est renforcé d'un coup par les premières professeures: Mmes Isabelle André, Nicole Bonhomme, Nadine Bonjean, Anne Busch, Christine Camus, Myriam Cox, Chantal Fraikin, Jeanine Renard et Brigitte Thomas.

Pour compléter tous ces changements, le Frère Directeur Henry de Wenckstern cède la place à un premier directeur laïque, M. Maurice Havard.

En juin 1986, l'Institut a le plaisir de remettre les diplômes de fin de secondaire à ses dix premières rhétoriciennes. Quand M. Christian Rensonnet, professeur actuellement retraité, a pris une photo de ces rhétoriciennes (ci-contre) dans le parc arboré de l'école maternelle, il se doutait bien peu que 34 ans plus tard, il serait possible de les recontacter toutes (sauf une).

Ci-dessous, elles ont accepté d'évoquer leurs carrières, leurs souvenirs, leurs vies d'aujourd'hui. Merci à elles pour tous ces témoignages!

 

Brigitte Comeliau

Parcours scolaire et professionnel

Après la rhéto, elle est partie 4 ans à Louvain-la-Neuve pour suivre une licence en sciences chimiques et l’agrégation. Elle s'est donc dirigée vers l’enseignement de 1991 jusqu’en avril 2002. Ensuite elle a décidé de s’occuper de ses 4 enfants.

A St-Michel ces années-là

• Un certain nombre de professeurs nous ont bien entendu marqués. Nous nous entendions très bien avec les garçons et je garde un bon souvenir de mes 6 années passées à St Michel. 
• Professeurs féminins ou masculins, aucune différence pour moi; tout s’est très bien passé.
• Un fait marquant "négatif": nous n’avons malheureusement pas pu profiter d’un voyage rhéto, seuls les latinistes en ayant eu un si mes souvenirs sont bons. 

En savoir un peu plus sur moi 

Je suis mariée depuis le 19 juillet 1997 et j’ai 4 enfants de 22, 21, 18 et 15 ans (deux garçons suivis de deux filles). Je suis très fière de mes 4 enfants et de leurs parcours scolaire et personnel. Je m’occupe bénévolement, avec d’autres mamans, de la bibliothèque de l’école primaire où mes enfants sont allés.

Et le confinement ?

Le confinement s’est assez bien déroulé pour moi étant donné que je ne "travaille"» pas. J’ai eu la chance d’avoir tout le monde à la maison.
 

Anne Charpentier

Parcours scolaire et professionnel

Après sa rhéto, elle a suivi un graduat en informatique à l'Institut Saint-Laurent à Liège. Elle a commencé sa carrière comme analyste-programmeur au CPAS de Verviers de janvier 1989 à mars 1992. A cette date, vu la séparation du CPAS et de l'hôpital de Verviers, elle a été reprise au service informatique de l'hôpital jusqu'en 2002 environ. Elle a ensuite travaillé à son domicile comme accueillante d'enfants pour le CRPE jusqu'en 2006. Elle a alors travaillé comme conjointe aidante de son mari agriculteur jusqu'en 2016. Depuis juillet 2016, elle a repris un emploi à temps plein comme employée administrative au CPAS de Verviers. En tant que femme, je n'ai pas eu de souci pour mon insertion dans le monde professionnel.

A Saint-Michel ces années-là

• Le peu de présence féminine ne m'a pas posé de problème. Je pense que cela venait du fait que j'avais suivi mes primaires à Saint-Lambert à Pepinster. Nous étions 5 ou 6 filles par classe, donc pas de changement pour moi.
• Parmi mes souvenirs, peut-être le cours de natation en 1e secondaire (les cours de sport étaient mixtes en 1re et 2e si je me rappelle bien). Nous avions cours de water-polo et c'était assez sportif. N'étant pas une super nageuse, j'avoue que je n'étais pas très rassurée.
Une anecdote : les visites de Verviers, avec M. Fontaine au cours d'Etude du Milieu. Le pauvre homme nous expliquait les rues et les façades de Verviers, mais il ne recevait pas beaucoup d'attention des élèves qui voyaient ces sorties comme des récréations supplémentaires.
J'ai passé 6 belles années à Saint-Michel. J'étais fan des cours d'informatique avec M. Duysens. Quelle évolution depuis!

En savoir un peu plus sur moi 

Je suis mariée depuis 30 ans avec Willy Deckers. Nous avons 4 enfants: Laurence 28 ans, Christian 27 ans, Sylvain 23 ans et Sabrina 18 ans.
Nous habitons à Jalhay où mon mari exploite une ferme laitière.
J'ai adoré les années où je suis restée à la ferme avec mon mari. Bien sûr il y avait du travail, mais j'ai pu être présente pour mes enfants pendant leurs années secondaires, c'était très important pour moi.
Je pense que j'ai une vie normale, j'essaie d'être tolérante et accueillante avec chacun, famille et amis, ... rien de très exceptionnel. 
Actuellement, je suis conseillère CPAS pour la commune de Jalhay. 

Et le confinement ?

J'ai vécu le confinement avec mon mari, et 3 de mes enfants. Nous avons bricolé dans la maison, fait un grand potager, dessiné un nouveau parterre, passé la soirée avec des jeux de société... 

 

Valérie Debefve

Parcours scolaire et professionnel

Après sa rhéto, Valérie est allée à l’ULG où elle a étudié la médecine: 7 ans à l’époque (3 "candis" et 4 "doctorats") et elle a enchaîné avec une spécialisation (5 ans) en psychiatrie. La spécialisation est une formation en milieu hospitalier: elle est allée 2 ans au CHU de Liège; 2 ans à la polyclinique universitaire Brull; 1 an mi-temps à la clinique psychiatrique de Henri-Chapelle (Ruyff) et mi-temps au centre de guidance de Verviers. Ayant eu ses deux premiers enfants durant sa spécialisation, elle a dû "refaire" 6 mois de stage pour compenser ses congés de maternité. Elle a donc travaillé mi-temps au centre de guidance de Verviers et mi-temps au CHPLT. Une fois son diplôme en poche, elle a travaillé deux ans et demi au CHPLT à temps partiel et elle a ouvert son cabinet privé à la maison en 2000. Depuis avril 2002, elle ne travaille plus qu’en privé à son cabinet.

A St-Michel ces années-là

• Je n’étais pas rassurée de rentrer dans une grande école et pour me rassurer, mon père m’avait expliqué qu’il y était allé avant moi et que, heureusement pour moi, il n’y avait plus de frères dans le corps professoral, particulièrement plus de frère Ménandre qui, selon mon père, était très sévère et lançait des frotteurs à la tête des élèves récalcitrants. Quelle ne fut pas ma surprise lors de la désignation des classes d’avoir comme titulaire… le frère Ménandre! Il n’avait plus la force de lancer des frotteurs mais lançait encore des craies !
• Je me souviens aussi du cabaret monté en rhéto. La préparation de ce projet et des autres activités organisées pour financer le voyage en Italie avec M. Simonis a bien occupé les cours de latin de la quatrième à la rhéto. Ces années sont restées en mémoire ainsi que le voyage en Italie.
• La vie étudiante à st Michel était plutôt sympa même si j’étais très timide au départ. Je garde des contacts réguliers avec quelques-uns (Zazou - Isabelle Santiago -, Vincent Mahute, Christian Stassen, Michel Desfawes). Certains sont parrain et marraine de nos enfants...

En savoir un peu plus sur moi

J’ai épousé Benoît Reding, ancien de St-Michel, en 1993. Nous sommes ensemble depuis le début de la rhéto et avons fait nos études de médecine ensemble. Il est pédiatre.
Nous avons trois enfants: Antoine 24 ans, ingénieur civil; Célestine 22 ans, étudiante en master 2 médecine et Germain 19 ans, étudiant en bac2 médecine.
Ma vie professionnelle n’a pas été simplifiée par le fait d’être une femme, principalement lors des grossesses qui étaient très mal acceptées par les maîtres de stage et/ou patrons qui ne m’ont pas ménagée et ont même critiqué mes choix familiaux.

Et le confinement ?

Durant le confinement, les enfants sont rentrés du kot pour étudier à la maison et j’ai travaillé via Skype pour la sécurité de ma famille et de mes patients. Depuis juillet, je travaille avec un plexi qui permet de voir le patient sans masque, ce qui est beaucoup plus confortable pour tout le monde.

 

Monique Defraiteur

Parcours scolaire et professionnel

Un graduat Secrétariat-Langues (Baccalauréat Assistant de Direction) à l'Institut Sainte-Claire, puis formation en Management en Ressources Humaines. Et après cela plus de 30 années dans les Ressources Humaines. 1989 : Employée chez Marine Power Europe à Petit-Rechain - 1990 : Assistante du Directeur des Ressources Humaines chez Uniroyal Englebert (devenu Continental Benelux) aux Hauts-Sarts à Herstal - 1998 : Responsable du Personnel à l'Hôtel Dorint (devenu Silva Hôtel) à Spa - 2005 : Responsable des Ressources Humaines à l'Institut Saint-Michel à Spa - 2016 : Directrice des Ressources Humaines à Les Cours, traiteur à Battice

A St-Michel ces années-là

• A l'époque, on savait qu'on entrait dans une école de garçons, et cela ne nous posait aucun problème, ni de se retrouver parfois uniquement 2 filles au milieu d'une classe de garçons, ni avec une majorité de professeurs masculins.  Je pense que ce sont certains de ces derniers qui ont dû s'adapter, pas nous!
• De bons souvenirs. Les cours de gym et natation (mixtes à l'époque) avec Monsieur Lodomez en 1re rénové; le voyage de rhéto en Italie avec MM. Simonis et Schreuder; les cours de math et de religion du Frère Ménandre et encore beaucoup d'autres! Pensées également à plusieurs professeurs très appréciés partis trop tôt: Monsieur Feyen, Monsieur Duyckaerts, Monsieur Saive...
• Et puis, j'ai rencontré mon mari, Emmanuel (Manu) Catot sur les bancs de Saint-Michel: nous avons été 4 ans dans la même classe (celle des latinistes), on s'est perdu de vue pendant deux ans, pour se retrouver en 1988 et se marier en 1991!

En savoir un peu plus sur moi 

Je suis mariée avec Emmanuel (Manu) Catot, parents de 4 enfants: Amandine (rhéto 2012), Jonathan (rhéto 2014), Thibaut (2e rénové 2014) et Emilie (rhéto 2021).
J'ai fait le choix, il y a plus de 20 ans, de réduire mon temps de travail pendant une quinzaine d'années pour pouvoir être plus disponible pour mes enfants. Cela m'a permis d'exercer des activités de bénévolat en dehors de mon boulot. Mais le fait d'être une femme n'a jamais été un obstacle pour décrocher un job.

Et le confinement ?

Après quelques années passées dans la troupe théâtrale de notre village, nous avons créé, avec Manu et un couple d'amis "Jem's en scène" et avons produit notre propre spectacle d'humour "Travers Quotidiens".  Le Covid est passé par là, nous sommes en pause mais prêts à remonter sur scène dès que possible!

 

Marie-Christine Demoulin

Parcours scolaire et professionnel

Après la rhéto, elle s'est inscrite aux HEC mais cela a été une erreur de choix. Elle s'est alors tournée vers un graduat en secrétariat-langues modernes à Sainte-Claire à Verviers. Elle a été diplômée en juin 1990. Elle a été engagée comme secrétaire, dès le mois de septembre, dans un Secrétariat Social (Service qui s'occupe de calculer les salaires des entreprises). Après 18 ans de bons et loyaux services, elle a quitté cet emploi pour une place dans un autre Secrétariat Social. Après un gros problème de santé en 2010, elle a été licenciée. Après sa guérison et depuis 2011, elle est entrée comme employée au SPF Finances à Verviers, en tant que Collaborateur Administratif au bureau des successions.

A St-Michel ces années-là

• Le fait de ne pas avoir ou presque pas de profs féminins de m'a nullement dérangée. J'estime avoir été bien formée et avoir eu un bon bagage à la sortie. Un très bon souvenir de Saint-Michel et de son ambiance.
• Mon intégration a été très agréable. J'ai été très bien accueillie par les filles comme par les garçons. Je connaissais déjà d'autres élèves, ce qui a un peu facilité les choses.
• Une anecdote: Les premiers cours de gymnastique et de natation de Monsieur Fischer (qui n'avait donné cours qu'à des garçons auparavant). On n'en pouvait plus à la sortie du cours... il lui a fallu un moment pour s'en rendre compte.
• Ou encore la phrase préférée de Monsieur Vansteenkiste lorsque l'on arrivait en retard au cours de français (ce qui arrivait fréquemment, car il nous fallait plus de temps après le cours de natation ou de gym): dura lex, sed lex, et en avant chez le préfet, M. Marx.
• Autre souvenir:
ma rhéto en tant que seule fille de la classe, suite aux choix de mes options. C'est une chose dont je me souviendrai toujours. Super ambiance mais il fallait avoir de la répartie.

En savoir un peu plus sur moi 

Je suis séparée de mon compagnon depuis 2010 et je vis seule avec mon fils Joakim (presque 18 ans).
Mon insertion dans le monde professionnel s'est très bien déroulée. J'ai toujours eu le sourire et le contact facile ...ça aide.
Je suis assez fière du parcours déjà effectué, malgré certaines grosses embûches et j'espère toujours en vivre un encore plus positif.
En vivant seule, ce n'est pas toujours facile de faire certaines activités (promenades, restos...), l'ambiance n'est pas la même. J'ai des amis et amies mais je n'aime pas déranger leurs vies de couple. Je me suis beaucoup occupée de mon fils qui a toujours été très difficile et j'ai laissé ma vie entre parenthèses. Pas toujours facile de reprendre une vie animée. Par contre, j'aime lire, faire des mots croisés, faire les boutiques même sans acheter.

Et le confinement ?

Le confinement n'a pas beaucoup changé ma vie professionnelle. Avec le télétravail, je suis toujours restée active. Au niveau personnel, par contre, il a quand même fallu s'adapter à certaines règles (ne plus voir sa famille, ne plus s'octroyer un petit resto ou un petit verre à l'extérieur...). Mais quand il faut ...Je suis quelqu'un d'assez respectueux des règles en général.

 

Bénédicte Langohr

Parcours scolaire et professionnel

Après sa rhéto, elle a fait une licence en administration des affaires à l'ULG, puis toujours à l'ULG, une agrégation AESS sciences économiques appliquées. De 1991 à 2005, elle a été  Administratrice S.A. Bijouterie Langohr-Mileur. Depuis 2005, elle est professeure de mathématiques au degré supérieur à l'Institut Notre-Dame, à Heusy.

A St-Michel ces années-là

Cela s'est très bien passé. Très peu de professeurs masculins étaient mal à l'aise de donner cours à des filles.
J'ai quelques anecdotes.
• La première année, les infrastructures de l'école n'étaient pas vraiment prêtes pour accueillir des filles. Il y avait deux toilettes dans la cour après une rangée d'urinoirs. Il fallait toujours avoir une personne pour garder la porte... Finalement, nous avons été autorisées à utiliser les toilettes du premier étage derrière le bureau du directeur. 
• Les cours de sport étaient mixtes au début. Il y avait un gymnase dans le nouveau bâtiment, on se changeait dans un petit sas qui reliait le gymnase au bâtiment.
• J'avais choisi comme activité complémentaire un cours d'électronique-électricité. Le cours était donné par le Frère Michel. J'y étais la seule fille... Le Frère s'adressait aux garçons en les appelant directement par leur nom de famille. Par contre, il m'appelait mademoiselle.
• Un matin, en arrivant dans notre local, il y avait une grosse corde qui partait de la fenêtre de la classe et allait jusqu'à une fenêtre d'en face en passant au-dessus de la rue du Collège. Notre local donnait sur la rue du Collège; il était situé au-dessus du nouveau gymnase. Notre professeur nous a dit qu'il ne voulait pas savoir comment cela était arrivé mais que cela devait disparaître pour le lendemain.
• Pendant les vacances nous avions repeint notre classe. Sur le mur du fond, nous avions prolongé les carreaux du sol... Apparemment, c'était dérangeant pour certains de nos professeurs de se trouver face à ces carreaux. M. Vansteenkiste n'appréciait pas cette nouvelle peinture. Il nous avait apporté dans la classe un peigne à utiliser si nous étions mal coiffées.
De plus, il nous avait fait la remarque qu'il n'y avait pas de signe religieux dans ce nouveau local. Le lendemain, la pièce était remplie de statues religieuses. Un élève de la classe (c'est le même qui avait tendu la corde) était allé dans le grenier des Frères et avait décoré notre classe. Là encore, il a fallu tout enlever pour le lendemain...
• Nous sommes allés durant une retraite faire du bénévolat dans un centre traitant la sclérose en plaque (voir la photo ci-dessous). Nous logions chez le curé du village avec des élèves des Saints-Anges (SFX2). Nous faisions la cuisine également. Nous étions très autonomes; on nous faisait confiance.
• Malgré le changement de classe d'une année à l'autre, nous nous retrouvions dans le groupe de latin avec M. Simonis. Nous sommes partis en Italie en voyage rhéto avec ce groupe. Un très beau souvenir !

Ci-dessous, il y a aussi une photo d'une journée de classe en 4e avec M. Vansteenkiste (notre titulaire) et une photo avec des anciens de St-Michel lors de mes 40 ans. Elle date d'il y a 12 ans... 

En savoir un peu plus sur moi 

Je suis mariée avec mon amoureux de l'époque: Jean-Yves Vanden Bulck et j'ai trois enfants (Elisa: 25 ans, Jean: 23 ans et Nathan: 16 ans). Je suis fière de ma famille et de mon travail en tant que professeure de math. J'aime les promenades dans la nature.

Et le confinement?

Ce fut pour moi un recentrage sur les valeurs essentielles de notre vie.


Christine Mossay

Parcours scolaire et professionnel

Après sa rhétorique à l’Institut Saint-Michel, elle a mis le cap sur Bastogne pour exercer, comme elle le dit, "un des métiers les plus formidables": institutrice préscolaire. Elle a suivi une formation de type court (trois ans) à l’École Normale Notre-Dame créée en 1849, devenue l’Institut Libre d’Enseignement Supérieur (ILES) en 1984, puis en 1996 “Département pédagogique de la Haute École Blaise Pascal”, avant de s'appeler finalement depuis 2011 ”Département pédagogique de Bastogne de l’Hénallux (Haute École de Namur-Liège-Luxembourg)”.
Sa carrière professionnelle a démarré sur les chapeaux de roues.
Un stage, au mois d’octobre de l’année 1988, dans une école spadoise, fut déterminant pour sa vie professionnelle. Après avoir remis son curriculum vitae, elle a eu la joie de recevoir une réponse positive dans le courant du mois d’août du directeur des écoles “Sainte-Croix” et “Sacré-Cœur” de Spa. Elle a ainsi débuté sa carrière professionnelle dès le 1 septembre 1989, une première année à ¾ temps. L’année suivante, elle a travaillé à mi-temps dans chaque implantation scolaire ce qui correspondait à un temps plein. La troisième année, elle a poursuivi à temps plein mais uniquement à “Sainte-Croix”. Et à l'heure actuelle, elle enseigne toujours à Spa dans une école rebaptisée depuis 1993 "Ecole Libre Roi Baudouin". (Après avoir réuni les deux implantations sur un même site et appréciant les valeurs et la préoccupation du bien-être des enfants du Roi Baudouin, le directeur Monsieur Jean-Pierre Talbot avait choisi de la renommer ainsi.)

A St-Michel ces années-là

• En faisant partie des premières filles dans le secondaire, tout s'est très bien. Les professeurs étaient attentionnés, disponibles, à l’écoute. Ils avaient beaucoup d’empathie. Il n’y a pas de lien entre le sexe du personnel enseignant et la réussite scolaire, l’important étant la relation s’établissant entre le professeur et l’élève.
• J
’ai vécu la transformation du cinéma Pathé. Il a fait place au hall des sports de l’Institut.
A l’époque, il y avait encore de nombreux frères. Je me souviens plus particulièrement du Frère Ménandre, du Frère Marc qui arpentait les couloirs toujours vêtu de son éternel tablier gris, du Frère Michel qui avait pour tâche de nous initier aux activités techniques.
Suite à la réforme du rénové et de la mixité, l’Institut a engagé des professeures. L’une d’entre elles se prénommait Nicole Bonhomme, titulaire de classe et, lors de son mariage, son nom devint Sacré-Bonhomme.
Nous avions des classeurs à 23 trous. N’étant pas en possession de ce type de perforateur, nous faisions la file dans le couloir en vue de perforer nos feuilles de cours.
Pratiquer un sport n’est pas sans risque et chaque discipline amène son lot de bobos. L’épreuve de la corde à grimper m’a laissé un souvenir mais aucune trace. Mobile, la corde nécessite de la force dans les bras et une bonne position au niveau des jambes. Malheureusement, peu de temps avant cette épreuve, j’ai eu le bras cassé. Je n’avais pas suffisamment de force dans les bras mais je voulais obtenir 20/20. Ma ténacité a fini par payer mais un glissement incontrôlé et difficile à ralentir a provoqué une brûlure résultant d’une friction de ma peau sur la corde à une trop grande vitesse. Ma peau fut très rouge, très douloureuse. J’ai donc directement été prise en charge et face à ma douleur, j’ai eu la compassion de la gent masculine et j’ai reçu des chocolats.
Monsieur Duyckaerts et Monsieur Rensonnet avaient organisé un séjour en Autriche au mois de juillet 1982, soit à l’issue de notre 2e rénové.
Monsieur Brauers, professeur d’anglais, souhaitait que nos notes de cours soient colorées, vivantes, animées de dessins, d’illustrations, de photos… en lien avec l’Angleterre. Je m’étais donc rendue à l’agence de voyage de la Galerie des deux Places afin de répondre au mieux à ce désir.
• Des
cours de dactylographie nous étaient proposés.
Petite parole prononcée par un condisciple en sortant de la piscine: Une poule sort de son poulailler et dit “Brrr… Quel froid de canard!”. Un canard qui passe lui répond “Ne m’en parle pas, j’en ai la chair de poule”.
Il y avait un petit magasin à deux pas de l’école. Je m’y rendais pour acheter des “Johnson sans filtre“ à la demande d’un de mes professeurs.

En savoir un peu plus sur moi 

Je vis avec mon conjoint et nos deux enfants.
En tant que femme, je n'ai rencontré aucun souci pour mon insertion dans le monde professionnel. Il est vrai que la gent féminine demeure largement majoritaire dans le corps enseignant. La proportion de femmes atteint un seuil qui fait apparaitre le métier d’instituteur comme un métier féminin. Dans l’enseignement maternel, le personnel enseignant est à 97% féminin et au niveau primaire, il est à 82 %.   
La mixité dans le monde professionnel est primordiale. C’est un élément essentiel du vivre-ensemble et de la construction d’une société démocratique. Il ne s’agit pas de donner une représentation partielle de la société et il faut donner des modèles auxquels on peut s’identifier.


Murielle Nellissen 
  

Parcours scolaire et professionnel

Après la rhéto, elle a obtenu le diplôme d’infirmière graduée, celui d’accoucheuse (sage-femme), une licence en sciences sanitaires, l’agrégation puis le CPAES. Puis elle a connu plusieurs vies de soignante. Elle a travaillé 6 ans à l’hôpital, 18 ans dans l’enseignement supérieur en section sages-femmes à Liège. En parallèle elle s'est lancée en libérale (activité complémentaire) et depuis 6 ans elle a quitté l’enseignement pour devenir sage-femme libérale dans la région verviétoise. Elle accompagne des couples pendant la grossesse (haptonomie, sophrologie…) et à domicile après la sortie de la maternité. Dans son témoignage, on peut constater qu'elle adore son travail: accompagner les familles en périnatalité.

A St-Michel ces années-là

• En faisant partie des premières filles dans le secondaire, il y avait peu de professeurs féminins. En première, je me souviens de Mme Bonhomme, d'une prof de musique et d'une de technologie. Les années suivantes il y avait Mmes Gaspar, Marie-Christine Pironnet (qui est décédée) et Jortay. Je pense que c’était plus simple pour nous que pour les professeurs qui avaient depuis toujours, été devant des classes de garçons. Et en particulier pour les frères Marc, Ménandre, Martial et Michel.
• J’ai de façon générale de bons souvenirs des 6 années passées à Saint-Michel. La première année on était l’attraction. Il reste peu de professeurs de notre "époque": M. Lejeune et Mme Gaspar; M. Boulet et Mme Bonhomme sont retraités depuis peu.
• Je me souviens du frère Ménandre et de ses tirades sur les cancres, M. Leterme et sa chasse au chewing-gum, des "mols" d’huile, et de prenez une demi-feuille en début de cours. Pour les cours de gym et de natation avec M. Fischer, on était entre filles, le pauvre, les seules cours ou nous étions toutes ensemble.

En savoir un peu plus sur moi 

Je suis mariée depuis 29 ans, mon mari est un ancien de Saint Michel. Nous avons 3 enfants. (Nous sommes ensemble depuis la journée des 100 jours en 1986, vive les guindailles.)
En tant que fille, mon entrée dans le monde du travail a été facile, c’est vrai que je suis depuis le début dans un milieu plutôt féminin.
Etre mère au foyer ne m’a jamais traversé l’esprit. J’ai un tempérament à défendre l’égalité de façon générale, donc dans le domaine du travail aussi. Je ne me suis jamais imaginée à la maison à attendre que monsieur rentre. En sortant de St-Michel, je me suis immédiatement projetée dans l’idée d’avoir une vie professionnelle et de la concilier avec une famille (mari et enfants). J’adore mon travail. Je rencontre au quotidien, vis au rythme des naissances.

 Et le confinement ?

J’ai continué à travailler "normalement", même plus à domicile en respectant les mesures de sécurités. Les nouveaux parents étaient isolés et avaient un grand besoin de soutien.


Isabelle Santiago

Parcours scolaire et professionnel

Après sa rhéto elle est directement entrée aux HEC. Diplômée en sciences commerciales en 1990. Elle a eu une première expérience de courtier en assurance pour les entreprises. Elle a notamment pu visiter les imprimeries Casterman mais aussi tous les sites de Cockerill Sambre (devenu Arcelor Mittal) dans le cadre de l'assurance incendie. Par la suite, elle a repris un poste de responsable administration du personnel au sein de l'Air Liquide, producteur de gaz de l'air pour diverses finalités. Société dans laquelle elle travaille toujours en tant que Business controller.

A St-Michel ces années-là 

• Nous avions la chance d'être la 1re année de rénové. Nous bénéficiions donc de beaucoup de possibilités de cours mais nous héritions du passé de nos aînés et donc de l'organisation des classes par option.
• Nous étions les premières filles, il y a eu également les premières profs féminines et de nouveaux cours tels que le cours de musique, des arts ménagers (cuisine) mais aussi le cours d'informatique dès la 2e secondaire, la découverte de l'ordinateur et de la programmation... avec enregistrement du programme sur une cassette audio...
Tout s'est très bien passé car j'ai un caractère assez masculin et donc j'ai été beaucoup plus à l'aise dans un milieu masculin. Les chamailleries et autres "gossip", cancans des filles, ce n'est pas pour moi. 
• Nous avons eu à partir de la 2e rénové une classe latin très soudée, dont les élèves sont pour beaucoup arrivés en rhéto (même si le latin ne les a pas poursuivis). Grâce à cette super ambiance nous avons organisé à partir de la 4e rénové des "boums" chez plusieurs d'entre nous. Petit souper et soirée dansante à 20... on s'amusait bien... Nous avons également réorganisé le voyage rhéto en le finançant en grande partie par des activités dont une soirée dansante et un spectacle.
• C'était tellement amusant ce spectacle que l'année suivante nous avons refait un spectacle "Blanche Neige et les 7 nains", adaptation libre et caricaturale des professeurs de Saint-Michel dont MM. Jacquemin, Vansteenkiste (Vava), Deltour, Fischer, Moll, Simonis, Frère Marc et bien d'autres... où certains anciens nous ont rejoints pour alimenter cette relecture satyrique.
• Nous sommes donc partis en voyage rhéto (une vingtaine d'élèves pendant les vacances d'avril) avec quelques anecdotes évidemment dont la dernière soirée où nous nous sommes retrouvés dans une seule chambre pour passer la dernière soirée/nuit arrosée de quelques breuvages traditionnels. Le retour en car a été  plus compliqué pour certains. A la rentrée, la déception de notre prof de latin, M. Simonis, sur le peu d'intérêt que nous portions aux visites culturelles...(!).

En savoir un peu plus sur moi

Je suis mariée à Bernard Colson (ancien de Saint-Michel - dernière promo latin-math - depuis presque 30 ans). Nous avons 2 enfants, Victoria 25 ans et Arthur 23 ans.
J'ai toujours travaillé et j'ai toujours voulu travailler. Evidemment, à l'époque, les employeurs posaient la question à une femme jeune en âge de procréer si on voulait des enfants (maintenant c'est discriminant, tant mieux). 

Je raconte souvent cette anecdote: lors d'un entretien d'embauche pour changer de travail un potentiel futur employeur m'a demandé ce que moi en tant que femme j'avais comme avantage par rapport à d'autres... j'étais outrée mais j'ai aussi du répondant et je lui ai répondu de but en blanc: "Moi monsieur, je joue sur mon charme, ce que vous ne pouvez pas faire évidemment...!" J'ai eu la proposition d'embauche... que je n'ai pas acceptée.
Je suis très fière de ma famille, mon mari et mes enfants avec qui nous avons des  rapports privilégiés.
J'aime les voyages et les vacances car ce sont des moments riches avec ma famille ou mes amis (dont notamment Valérie D. et Benoit R.). Nous avons eu l'occasion de faire de beaux voyages avec nos enfants: Kenya, Egypte, Cap Vert, Sénégal; ou d'autres avec les amis pour des randonnées en Suisse à la mode potache secondaire... 

Et le confinement ? 

Nous l'avons vécu très positivement. Nous étions en famille mon mari, ma fille 25 ans et mon fils 23 ans. Nous avons beaucoup d'autodérision et donc nous avons beaucoup ri. Des moments, ensemble, privilégiés ...


•  Les différents propos ci-dessus ont été recueillis par Christian Rensonnet qui remercie bien cordialement toutes ces anciennes pour leur enthousiasme et leur sympathique collaboration.


Après ces rhétoriciennes de 1986, nous avons pu recueillir le témoignage de quelques filles qui se trouvaient aussi en 1re rénové 1980-81 mais dont le parcours en secondaire fut différent. Pour voir cette deuxième partie, veuillez cliquer ici.


Si la composition des classes entières de 1re en 1980-81 vous intéresse (pour savoir, par exemple, avec qui vous avez fait vos premiers pas dans le secondaire), cliquez sur ce lien :
toutes les classes de 1re 1980-81

 

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